Quel est votre regard sur le développement de l’OLEJ après les 4 premières années d’activité ?
L’OLEJ s’est très rapidement installé comme instance de référence, tant par le choix des sujets abordés que par la qualité de leur traitement. Cela est d’autant plus remarquable qu’il n’avait pas de modèle préalable. La combinaison d’activités scientifiques (les rapports) et documentaires (les « cartographies ») avec des activités de diffusion et de réseautage (les journées latines, les ateliers, etc.) est essentielle pour cette évolution et particulièrement prometteuse pour le futur.
Selon vous, comment l’OLEJ a-t-il contribué jusqu’à maintenant à faire évoluer les politiques publiques et les pratiques en faveur des droits de l’enfant ?
Par son organisme responsable, la Fondation Isabelle Hafen, l’OLEJ est étroitement lié aux services cantonaux latins de protection et de promotion de l’enfance et de la jeunesse. Ce lien oriente les choix des thématiques et facilite l’accès aux institutions dans le domaine. Il favorise également la diffusion des savoirs et leur réception par les politiques publiques. Par ailleurs, l’accent mis sur les problématiques communes des services cantonaux met en lumière l’hétérogénéité des réponses apportées, favorisant ainsi une réflexion critique des cantons sur leurs pratiques.
Comment imaginez-vous l’évolution de l’OLEJ dans les prochaines années ?
Conformément à son nom, la mission principale de l’OLEJ consiste à observer et documenter l’évolution de la situation des enfants et des jeunes en Suisse latine ainsi que des politiques publiques qui leur sont propres. En tant que membre du Conseil de Fondation, je suis heureux de constater la manière dont cette mission est remplie en si peu de temps. À plus long terme et à titre personnel, je peux imaginer renforcer trois éléments en lien avec elle :
- En tant qu’ancien praticien de recherche dans le domaine, je verrais bien une évolution plus systématique d’activités scientifiques au sens étroit de publications évaluées par des pairs (peer-reviewed) dans des revues scientifiques, pour légitimer la scientificité des travaux, mais aussi pour exploiter pleinement le potentiel et les compétences réunies au sein de l’OLEJ.
- Dans cette même optique, et en tant qu’ancien professeur d’une Haute école, j’encouragerais un renforcement des coopérations avec les organisations de recherche académique (qui, par ailleurs, a déjà été initiée par l’institution d’un conseil scientifique).
- Finalement, et étant originaire de Suisse alémanique, je constate avec plaisir la création de liens au niveau national et donc, indirectement ou directement, avec des organisations alémaniques. Les différences entre les régions linguistiques à l’intérieur d’un même pays sont souvent étonnantes et parfois problématiques d’un point de vue légal, mais elles permettent aussi d’apprendre mutuellement. Les cantons alémaniques n’auraient pas tort d’envier aux cantons latins la présence d’un tel observatoire.